Rechercher
  • Héloïse Cordelles

L'originalité

Dernière mise à jour : juil. 20



[Mon article était prêt à être posté le 20 mai, mais, au dernier moment et pour la première fois, j'ai voulu le passer sous le logiciel de correction Antidote pour vérifier l'orthographe, la typographie et les répétitions. Quand j'ai eu fini, fière de moi, j'ai fermé le correcteur et mon article a... disparu avec ! Hein ? C'est quoi, ce bordel ! Je ne vous raconte pas la bordée de jurons que ma bouche a vomie dans la minute… J'ai eu beau frapper des crtl + z, rien n'est revenu. J'ai failli envoyer mon ordinateur contre le mur, en pleurant toutes les larmes de mon corps. Mais, pas le choix, à moins que vous ne sachiez lire dans ma tête, j'ai dû me résoudre à tout retaper de mémoire, et purée, ça m'a bien gonflé, d'où les deux jours de retard… Note pour toujours : ne plus jamais utiliser Antidote pour des pages web ! >_< ]


Je me suis penchée sur ce thème de l'originalité après avoir vu sur plusieurs pages Facebook, des auteures de romance inviter leur fan-base à s'exprimer sur ce qui à leurs yeux constituerait une romance idéale. Et parmi les nombreuses réponses (et parfois contradictoires) données, il y en avait une qui se détachait largement : l'originalité (comprenez : exit le couple phare du bad boy avec la vierge effarouchée). Ce qui rejoint ce que j'avais plus ou moins remarqué dans les avis laissés sur les plateformes marchands ou de lecture : de plus en plus de lectrices déploraient un manque d'originalité, que ce soit au niveau de l'intrigue ou des personnages.


Adonc, les lectrices appellent à plus d'originalité dans les romances, mais, bizarrement - attention, ce ne sont que mes observations ! -, dès que la 4ème de couverture esquisse les contours d'une histoire qui sort de l'ordinaire, c'est-à-dire qui dévie des clichés, on ne peut pas vraiment dire qu'ils rencontrent pléthore de lecteurs. Il ressemble plutôt à un ovni ! Et, c'est bien connu, ce que l'on ne connaît pas à tendance à nous effrayer. Je peux me poser la question du : "Pour quoi écrit-on ?" Généralement, on écrit pour être lu, mais sans pour autant vendre son âme au diable ! Il faut donc savoir distiller cette originalité tant réclamée pour être accepté par le plus grand nombre.


Finalement, pourquoi ce désir conscient d'originalité n'est pas suivi des faits ? A mon humble avis, inconsciemment, les lectrices affectionnent les trames familières… Ce qui est nouveau nous fait peur tandis que retrouver les mêmes trames nous sécurise. On sait où on met les pieds ; on ne s'aventure pas en terre inconnue. Moi-même, je n'échappe pas à cette règle. Je pense que la romance de science-fiction se déroulant dans un contexte futuriste doit sûrement être originale, mais voilà, je reste accrochée aux romances contemporaines et historiques. De même que dans mes genres préférés, j'ai aussi des intrigues que j'affectionne tout particulièrement, comme la brebis galeuse. Mais, mais, mais, il faut que ce soit une femme qu'on met à l'écart ! Si c'est un homme, mon intérêt baisse tout de suite… lol Mon autre péché mignon, c'est la vengeance. gnark gnark Et là, je tiens à ce que ce soit le héros et non l'héroïne qui l'exerce…


Pour moi, l'originalité reste un marché de niche. Un risque qui peut payer… ou pas. Prenez, par exemple, la diversité raciale… Les personnes interrogées ont assuré vouloir voir plus de Noirs, d'Asiatiques ou d'Arabes dans la peau des héros. Mais, dans la réalité, il n'y en a pas tant que ça… Pourquoi ce désert ? Parce que ça n'attire pas des masses ! Dans un autre registre, je me souviens que Harlequin avait innové en lançant une collection avec des héros mûrs qui avaient dépassé la quarantaine, sûrement suite à une étude marché ou des sondages. Eh bien, la maison d'édition a très vite arrêté les frais parce que les livres ne se vendaient pas !


A contrario, je reprends l'exemple chez les éditions Harlequin, qui, notamment, publie depuis quarante ans leur collection Azur. Pour avoir lu des centaines de ces petits livres, je peux vous certifier que les trames se copient plus ou moins entre eux, mais, pourquoi se fatiguer à changer une recette qui gagne ? mdr Plus près de nous, vous avez les Éditions Addictives qui cartonnent depuis quelques années. Être publié chez eux vous assure une certaine renommée et des ventes, on ne va pas se le cacher ! ^^ Mais, d'entrée de jeu, vous avez des critères de sélection : votre prose doit être écrite au présent et à la première personne du singulier. Plus formaté, tu meurs ! lol Et, si vous vous amusez à décortiquer leurs intrigues sur les 4ème de couverture, toute ressemblance n'est pas que fortuite… C'est du vu et revu. Les trames tournent pour l'essentiel autour des voisins de palier ; des colocataires ; des demi-frères et sœurs qui n'ont aucun lien de sang (faudrait pas non plus heurter la morale lol) ; du bad boy, roi du campus universitaire, et de la vierge effarouchée qu'il faut "déniaiser" ; des mariages conclus sous l'emprise de l'alcool à Las Vegas ; etc. Et leurs titres sont à l'avenant… Combien de bastard, de boss, d'initiation, de sex-friends, d'interdit, etc. Je pense que les lectrices qui achètent appartiennent à la masse silencieuse. Je dis ça, je dis rien…


L'autre question que l'on peut raisonnablement se poser, c'est si les auteures de romance étaient plus audacieuses pour pondre des livres plus originaux, est-ce que les lectrices ne s'aventureraient pas plus hors des sentiers battus ? Parce qu'elles apprivoiseraient peu à peu à ces nouveautés. Moi, je vous le dis tout de suite, je ne serai pas une de ces précurseures. Clairement, j'écris ce que j'aime lire et les clichés ne me gênent pas. Au contraire, j'essaie de me les approprier et même de les détourner un peu. Après, ce qui peut paraître original un instant, s'il est repris par d'autres auteurs, retomberait forcément dans le… banal, non ? Regardez le genre BDSM qui a été allègrement copié et décliné… A la fin, c'est l’écœurement, et on finit même par fustiger toutes les histoires qui y ressemblent de près ou de loin… En fait, chercher l'idée originale ressemble plutôt à une course sans fin… >_< Et je n'ai pas un goût immodéré pour le jogging, même pendant le confinement. ^^


Pour conclure, je dirais que l'originalité réside moins dans la trame que dans la façon dont un auteur se l'approprie. ;-) Donnez les grandes lignes d'une histoire à dix auteurs, à la sortie, vous aurez dix textes différents. Ce qui rend le livre original, c'est votre style, votre narration, votre point de vue, votre professionnalisme, votre authenticité, etc. Bref, tout ce qui caractérise votre plume. Rappelez-vous : "Tout a déjà été écrit… mais pas par vous !" ;-)


Sur ce, je vous retrouverai avec plaisir pour un nouveau billet !

13 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout