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  • Héloïse Cordelles

Dépêche mode

Dans ce billet, je me suis « amusée » à retracer les sous-genres en romance, qui ont connu leur heure (ou plutôt leurs années) de gloire, depuis ces dernières décennies. Mais, hélas, comme vous le constaterez avec moi, les modes deviennent (assez) vite démodées ! Je ne veux pas dire par là qu'elles n'existent plus, car il y aura toujours des auteurs pour les écrire et des lecteurs pour s'en délecter, mais elles sont devenues plus discrètes. Bonne lecture !

(Bien sûr, je rappelle que ce sont des observations purement personnelles.)


Quand j'ai commencé à lire de la romance vers la fin des années 90, j'ai débuté par des historiques de la collection "Aventures&Passions". Je crois bien que je dévorais deux livres par semaine en période scolaire. Et pendant les vacances, je me lâchais jusqu'à 5 livres. Mes devoirs ? Je les faisais à l'arrache toute la journée du dimanche... Ouais, je faisais déjà les choses à la dernière minute. >_< Quoi, vous ne connaissez pas l'expression "encore un chapitre" ?

A l'époque, l'offre en la matière était assez maigre. Seules deux maisons d'éditions se disputaient le marché de la romance "J'ai lu" et "Harlequin". La collection contemporaine de chez Harlequin ne m'attirait pas, peut-être l'époque était-elle trop proche de moi et me faisait moins rêver ? Du coup, je lisais aussi leur collection "Les Historiques", mais leurs livres étaient clairement moins intenses que ceux de chez J'ai Lu. Aujourd'hui encore je relis ces petits livres rouges que j'ai adorés il y a vingt ans et je m'évade toujours autant en rêvant à des ducs et lords. *soupirs* (D'ailleurs, le livre que j'ai choisi en illustration est génial ! ♥)


Après l'historique, j'ai assisté dans les années 2000 à l'explosion de la littéraire de l'imaginaire : romance paranormale, bit-lit et urban fantasy. Les créatures surnaturelles à crocs et à poils (vampires et autres loup-garous) conquéraient un marché de plus en plus diversifié en matière de romance. Stephenie Meyer créait la saga Twilight et inondait le marché en 2005 des aventures d'un vampire qui brillait au soleil. Bragelonne créait le label Milady en 2008 et la nouvelle collection "Fantasy" faisait carton plein !

En fait, j'avoue que j'ai moins suivi cet engouement parce que je n'ai pas une attirance naturelle envers le paranormal. Je n'en lis que modérément. Je pense aussi que j'ai un cerveau trop cartésien. Les vampires n'existent pas et à partir de là, j'ai fait un petit blocage. lol Pareil, je ne regardais qu'avec parcimonie "Buffy contre les vampires". J'attendais surtout les moments de rapprochement entre Angel & Buffy... ^^


En 2010, exit le fantastique, et place à la romance contemporaine dans tous ses états ! On débute avec notamment la vague du New Adult. Vous savez ces jeunes gens qui entrent dans l'âge adulte, qui se cherchent à tous les niveaux et, qui, surtout, traînent toute une batterie de casseroles que leur envieraient les plus grands chefs cuistots. mdr Entre la perte d'un être cher, le rejet de leurs parents, la violence, l'alcool, la drogue, il y avait matière à les faire souffrir. Mais pourquoi tant de drames, me direz-vous ? Le drame rend les héros attachants. Et d'après une récente étude auprès des lectrices, elles aiment quand leurs héros morflent avant de trouver la paix ! Et après, on dit que ce sont les auteurs qui sont sadiques...

J'avoue que j'adoreeee ce genre. ♥♥ Non seulement j'aime en lire, mais j'aime aussi en écrire. Bon, à l'heure actuelle, les sorties de romance New Adult se comptent sur les doigts des deux mains, mais je continuerai d'affectionner ce genre. Que d'émotions ! On peut tordre le cœur de ces jeunes gens dans tous les sens, il revient toujours en place. (Bon, là, c'est l'auteure sadique qui parle !) Et puis, les réactions excessives qu'on peut attribuer aux nouveaux adultes paraîtraient complètement ridicules transposées chez des trentenaires !  mdr


Le phénomène suivant n'était pas une vague, mais un véritable tsunami, aussi vite arrivé qu'il est reparti... Je veux bien sûr parler de Cinquante Nuances de Grey. Si vous n'avez pas lu la trilogie ou vu les films au cinéma, vous avez au moins entendu le tapage autour. Personne n'a pu échapper à cette déferlante. Et surtout pas les auteurs qui se sont engouffrés dans cette manne du BDSM.

Les fictions d'initiation d'une jeune femme ignorante du milieu à cette pratique par un dominant ont envahi les classements ! Bien sûr, les livres érotiques et traitant du sado-masochisme existaient bien avant la sortie des livres d'E. L. James, mais jamais auparavant, cela n'avait été autant démocratisé ni aussi accessible. Disons que les ouvrages sur ce sujet sulfureux étaient plutôt auréolés de mystère, à savourer comme un fruit défendu et réservés aux connaisseurs. Merci qui ?


Peu après, le label "New Romance" (que je traduirai par "Romance Moderne") est apparu chez Hugo roman. Comme le BDSM, l'érotique s'affichait désormais partout, jusque dans les métros. Je me souviendrai toujours de ma surprise quand je suis arrivée à la Gare Montparnasse et que j'ai découvert une de leur couverture à la charte graphique particulière sur une affiche géante ! O_o Wouah, ce déploiement de moyen !

Alors, j'avoue humblement que je n'ai jamais lu un livre de cette collection... Le problème ? Le prix exorbitant de l'e-book et le fait que ce soit presque toujours une série. Mais, d'après ce que j'ai compris, c'est de l'érotique avec des cènes hot très détaillées, à la limite du BDSM, entre des héros avec une brillante situation (allez oust, au placard, le plombier du coin !) et des héroïnes qui assumaient leur sexualité (allez oust, au placard, la vierge effarouchée !). En fait, ce n'est plus ni moins que les vieux Azur dépoussiérés, quoi... (heu, cours se cacher après cette petite comparaison ! >_<) Maintenant, j'ai l'impression que le soufflé est un peu retombé, non ?


Après les businessmen à qui tout réussit, on change de décorum ! On troque les bureaux dans des tours de verre et d'acier pour une chapelle. Non, je ne vous parle pas d'églises, mais plutôt de gens impies. Faites place aux hommes chevauchant leur destrier de fer ! ^^

Plus proche de nous, il y a moins de cinq ans, on a assisté au raz-de-marée des bikers, de dangereux hors-la-loi pour la grande majorité d'entre eux, en référence au 1% seulement des clubs de motards (MC) aux États-Unis s'adonnant aux activités illégales.

Le biker est un fantasme sur pattes à lui tout seul, le bad boy poussé à son extrême --> le VBB (Very Bad Boy). Dans l'imaginaire collectif, il est toujours grand, baraqué, dégageant un sex-appeal à des kilomètres à la ronde et toutes les brebis rêvent de chevaucher son engin. Nanmého, je parle de sa Harley-Davidson, banque de coquines ! >_< En opposition à ces hommes qui n'en font qu'à leur tête, des gentils bikers sont apparus, mais ils n'ont pas réussi à convaincre les lectrices de leurs qualités. Là, encore, j'ai l'impression que le biker s'est éloigné sur les routes poussiéreuses, dans le soleil couchant... :-/


Enfin, le dernier phénomène en date que j'ai pu constater est la Dark Romance et, croyez-moi, il a encore fait couler plus d'encre que le BDSM ! lol Ce genre divise, parce qu'il dérange l'ordre établi, ébranle nos convictions entre le bien et le mal.

Alors, il y a deux branches dans la Dark. La première ne concerne pas tout à fait des relations malsaines, mais fait plus référence au passé chargé d'horreur des héros. Le récit est plus psychologique. L'autre branche qui fait pousser des cris de chouette effraie et d'effroi aux féministes, c'est la Dark erotic romance qui met plus en lumière des relations charnelles entre les héros où flotte un parfum de non-consentement.

"Bon, alors, y a viol ou pas ?" C'est la question qui revient sur toutes les lèvres à la lecture de ce sous-genre. L'acception n'est pas toujours explicite entre un homme dominant et une femme plus ou moins dominée par ses sens (qu'elle soit ingénue ou plus expérimentée)...

Mais que les défenseures des bonnes moeurs se rassurent. A cause de cette polémique après chaque sortie, il n'y a quasiment plus de Dark erotic romance sur le marché français. Mais, vous me connaissez, ça ne m'empêchera pas d'en écrire si j'en ai envie. ;-)



Voilà, j'espère que cette petite rétrospective vous aura fait sourire. ^^ Et vous, saurez-vous deviner la prochaine mode ? Moi, j'en suis bien incapable ! Quoi qu'il faudrait zieuter du côté des auteures américaines pour le savoir...


@ bientôt pour un nouvel article.

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