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  • Héloïse Cordelles

Itinéraire d'une jeune auteure auto-éditée

Dernière mise à jour : 17 août 2018


L'auto-édition, parfois prise de tête...

Si vous vous êtes un peu promené sur ce site et plus particulièrement dans l'onglet A propos de moi, vous avez dû lire que je me proclame auteure auto-éditée. Pour celles qui ne connaitraient pas encore ce phénomène qui a tendance à se répandre en France, un auteur auto-édité (ou autre terme auto-publié) est un auteur qui s'occupe de son livre à tous les stades de sa vie (du livre) : de sa conception jusqu'à sa vente. Il (l'auteur) cumule plusieurs casquettes, à savoir graphiste, auteur et éditeur. Il écrit (c'est la moindre des choses ! lol), se relit comme un grand, s'occupe de la mise en page du texte, en fabrique la couverture, se promeut pour le vendre avec les moyens mis à sa disposition (blog, forum, réseaux sociaux, salon...).


Là où les maisons d'éditions traditionnelles disposent de personnels qualifiés (notamment des correcteurs et relecteurs professionnels) et se chargent de faire la publicité du livre, l'auto-édité se débrouille tout seul dans cette aventure. Évidemment, il peut solliciter son entourage (amis et familles) ou se payer les services d'un correcteur professionnel (bonjour les frais !) pour traquer les fautes ou juger de la pertinence de son livre, mais au final c'est lui qui décide de ce qu'il publiera. Il est son propre capitaine. 


Et c'est là que le bât blesse ! En général, l'auto-édité n'a pas bonne réputation auprès du public. D'une part, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin. Autrement dit, soit on fait correctement une seule chose (écrire) soit on bâcle forcément plusieurs tâches. D'autre part, on l'accuse très souvent de bifurquer vers cette voie par dépit, parce qu'il aura été refusé par les vraies maisons d'éditions (ce qui n'est pas faux non plus). Les principales critiques formulées à son encontre, quand il "fabrique" son livre dans son coin, sont des textes truffés de fautes d'orthographe, de grammaire, une syntaxe défaillante. Normal, puisque n'importe qui peut publier n'importe quoi (n'en suis-je pas moi-même la preuve vivante ? lol). 


Blague à part. Assez de généralités et intéressons-nous plutôt à mon nombril cas particulier : comment en suis-je arrivée à l'auto-édition ? (Roulement de tambour...)


Avant, pour s'auto-éditer, il fallait forcément investir dans le support physique des livres et cela impliquait de lourdes dépenses pour un résultat très aléatoire et pas toujours à la hauteur des grandes espérances. Outre le peu de moyens, je n'ai jamais pensé à écrire sérieusement. Tout au plus, je tapotais quelques histoires et les remisais au fond de mon disque dur. Mais depuis la révolution de la lecture sur support numérique, j'avoue que l'idée de devenir moi-même auteure a commencé sérieusement à faire son petit bonhomme de chemin. Ben ouais quoi, pourquoi pas moi ? Qu'est-ce que je risque après tout ? De ne pas être lue ? Qu'importe, le plaisir d'écrire l'emportera sur tout le reste ! 


Dans le même temps, des maisons d'éditions spécialement dédiées aux livres numériques émergent (les Editions Laska, Harlequin HQN...), il n'y avait plus que l'embarras du choix ! C'est donc avec optimisme et entrain que j'ai débuté en mai 2013 l'écriture de mon premier récit Secrète Jen. Mais patatras ! Au fur et à mesure que mon histoire avançait, je me suis mise à angoisser. Le poison du doute s'était infiltré dans mon cerveau et n'allait plus me lâcher : mon texte ne plaira jamais à un éditeur. Ne me demandez pas pourquoi, j'en étais intimement convaincue, c'est tout !


Par la suite, j'ai eu une petite traversée du désert qui s'est achevée quand j'ai pris la ferme décision de me tourner vers l'auto-édition (à moi les joies d'Amazon KDP et ses plateformes consœurs !). Je ne me suis donc pas fait refouler par des éditeurs parce que je ne leur en ai pas laissé l'occasion !


Ai-je fait le bon choix ? Très franchement, je ne sais pas ! En fait, j'évite de m'appesantir sur la question. Comme j'aime à le répéter : on n'avance pas avec des regrets. En tout cas, je me sens bien dans la peau d'une auto-éditée et, même si parfois c'est difficile, je n'ai pas envie de changer de statut ! :-) Le peu de livres que je vends me satisfait. Mon but n'est pas de devenir célèbre (bon, Héloïse, sois lucide, en même temps ça ne risque pas de t'arriver un jour !). Autre "satisfaction", je me dis qu'au moins si je me plante, je ne pourrais m'en prendre qu'à moi-même ! Ce sera bien fait pour moi !


Avec le recul, j'analyse mon acte avorté (ne pas avoir contacté les éditeurs) comme un manque évident de confiance en moi (je suis une grande angoissée au fond lol). Ce qui peut paraître paradoxal puisque je m'expose en rendant mes livres public. C'est un peu comme le timide qui fait du théâtre pour surmonter son handicap ! Et donc, vous ne verrez jamais sur ce site de critiques sur les livres publiés par des maisons d'éditions, car je n'ai en quelque sorte aucune légitimité à être une auteure, puisque je n'ai pas été sélectionnée en tant que telle.


Bon, la séance de psy est terminée ! mdr C'était là, le modeste et sincère parcours cahin-caha d'une jeune auteure auto-éditée sans prétention, car cela ne fait que huit mois que je baigne dans ce milieu. ;-) Peut-être que je prendrais plus d'assurance avec quelques années derrière moi ? On peut toujours croire aux miracles...


@ bientôt pour un autre billet. 

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